Michael Begg – Sonambulo

Omnempathy www.omnempathy.com Cela débute sous une lumière nocturne, ou pour le moins vespérale, et c’est dans cet espace liminal entre chien et loup que se loge toujours la musique de l’Écossais Michael Begg. Une lumière qui s’éploie sur quatre notes, déjà mélancoliques, surplombant de peu un bourdon à peine exhumé. Michael Begg est le musicien qui s’éveille au crépuscule comme d’autres à l’aube. Il est le somnambule musical, à la lettre : il arpente la pente la plus nocturne des musiques bourdonnantes. L’album Sonambulo rend compte d’un travail effectué en résidence au Mexique durant les dernières semaines de 2018, et s’inspire en particulier de l’œuvre de l’artiste britannique Leonora Carrington, qui déjà avait jeté un pont vers le Mexique en s’y installant. Une évidence s’impose dès que l’on suit le travail de Michael Begg : sa musique se teinte toujours d’un reflet extérieur, souvent romantique mais il se peut aussi qu’il s’agisse d’une pensée politique (Dirt On […]

Michael Begg – Vanitas

Omnempathy www.omnempathy.com « Souviens-toi que tu vas mourir. » Au 17e siècle, il n’était pas rare que des hommes puissants commandent des peintures dites Vanités. Elles devaient leur rappeler la fugacité des plaisirs et des richesses terrestres, l’inéluctabilité du trépas. Aux côtés d’un assemblage hétéroclite figurait le plus souvent un crâne, emblème de la destination finale. La nuit sans rêve, l’après sans temps. Il est peu de musiciens plus nocturnes que Michael Begg qui, lui, est bien vivant. Sa nostalgie de la nuit le pousse à s’y retrancher alors que tout et tout le monde aux environs est plongé dans le sommeil. D’autres comme lui ont laissé toute peur de cet espace / temps qui renvoie au monde des origines et anticipe la dissolution finale. Michael Begg, alors que tout le monde s’absente au fond de soi, que tout est tranquille dans le cœur noir de la nuit, met à profit l’hétéroclite de son arsenal sonore. Le […]

Michael Begg – Titan: A Crane is a Bridge

Omnempathy www.omnempathy.com  A Crane is a Bridge, une grue est un pont… Michael Begg ne s’est pas tant éloigné de sa pente nocturne qu’il y paraît. Commissionnée pour l’exposition festival Sonica, l’installation Titan: A Crane is a Bridge a été présentée à Glasgow à la fin d’octobre 2017, au sommet d’une grue Titan haute de 150 pieds. Des harpes éoliennes installées et captées en temps réel, un traitement électronique et plusieurs autres cordes ont servi de matériau à cette œuvre composée de six morceaux. Deux d’entre eux sont directement intitulés Aeolian Harps, le vent qui y souffle n’est pas l’ouragan qui dévaste, c’est un vent calme, d’altitude naturellement, mais qui sait se lover, se détendre, et tous ces mouvements impriment sur les cordes qui font vibrer pareillement l’oreille, une tranquillité inclinant à la rêverie, et de la rêverie au rêve il n’y a souvent qu’un pas. La nuit s’ouvre, soutenue par l’obscurité de toutes les […]

Michael Begg – A Moon that Lights Itself

Omnempathy www.omnempathy.com   Il y a, dans la musique de Michael Begg / Human Greed, cette fascination pour la nuit qui la situe comme un point de départ vers quoi tout souffle redirige. Cette nuit primordiale, qui habite en reflet sa musique, est un avant, un âge d’or que le piano et les cordes, les drones et parfois les voix évoquent en l’anamorphosant, à la façon dont les ondes tranquilles jouent avec les reflets d’or des lumières de la nuit à la surface de l’eau. Car il est aussi souvent question de lumière, de lumières, dans cette musique, sans quoi nous ne percevrions pas l’obscurité, car les étoiles fécondent la nuit, à la suite de leur mère la Lune. Sur sa péniche, le Botin, le peintre Charles François Daubigny consacra dans les années 1870 des heures à la peinture nocturne. Ainsi que Corot, il peut être regardé comme un initiateur de l’impressionnisme, peintres tous deux […]

Human Greed I Michael Begg – Hivernant

Omnempathy www.omnempathy.com   Il ne faut pas s’étonner que Hivernant, nouvel album de Human Greed (encore une fois réduit au seul Michael Begg), débute dans le chant des oiseaux. La musique de Human Greed s’épanouit au seuil de la nuit, de l’hiver ou de toute autre zone d’obscurité, comme œuvre de passage, un lieu sonore où s’étirent le temps, les soupirs, générant un éternel crépuscule. À cette extrémité, les oiseaux chantent donc, célèbrent le jour déclinant ou la nuit naissante. Ils ouvrent la voie au songe d’une nuit – d’hiver – qui s’éternisera aussi merveilleusement que lorsque les êtres féériques jouent avec la mémoire et les sentiments. C’est ainsi également qu’Emily Dickinson arrête le temps en quatre vers (Too happy Time dissolves itself / And leaves no remnant by – / ‘Tis Anguish not a Feather hath / Or too much weight to fly)[1]. Quand la vague du savant tissage de Michael Begg se déploie, […]