Attilio Novellino – Through Glass


Valeot Records
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La mélancolie a toujours à voir avec la source. Attilio Novellino cherche cet « irretrouvable » et, à défaut d’y parvenir, il s’est donné une zone barrière. C’est, métaphoriquement, à travers le verre (through glass) que sa musique se projette. Novellino est de cette école de musiciens qui doivent beaucoup à Fennesz et à Robert Hampson. Ses cordes, ses effets, miment le jaillissement minéralisé d’une cascade lumineuse. Celle-là même que l’infinie mélancolie de ses fontaines d’harmoniques tente de retrouver. Des strates d’opacité, des rubans diaphanes font ce verre une substance vivante, à la lettre : vitreuse. Ce sont de fragiles filins de grésillements, ou au contraire des nappes sableuses de lumière orangée et de solides rayons d’orgue ; et ces lignes dessinent le lent mouvement de flux et reflux. Novellino anime tout un peuple d’événements de cordes, de samples, au loin, très loin, comme à travers cette pâte qui en sépare à jamais. Attilio Novellino a récemment travaillé sur le thème de l’eau, c’est une autre forme de la matrice, de l’indifférencié qui précède l’imaginable. Ici, son morceau Sirens témoigne de son attachement à de telles retrouvailles symboliques. Quoi encore : cette belle résistance à la dissolution, autour de laquelle tourne pourtant sa musique et sa mélancolie ; je veux dire ces mille gestes de bribes protomélodiques, comme les reflets d’un soleil matinal sur la surface calme de la rivière.

Denis Boyer

2012-07-13