The imaginary Soundscapes : Frédéric Nogray & Stéphane Rives – A way out by knowing smile


Ruptured
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Deux musiciens connus pour leur ancrage dans l’abstraction, voire l’austérité de forme, se rencontrent ici, après l’invitation du label libanais Ruptured : Frédéric Nogray et Stéphane Rives explorent de conserve pour l’un des larsens et les effets appliqués, pour l’autre sa propre discographie et son environnement. Étonnamment, pour tissée dans le filin gris qu’elle reste, la musique du duo se révèle fortement lumineuse et pictogène. Voyons pourquoi. Je prends acte de cette belle réalisation pour nourrir mes propres propositions, je m’appuierai sur le mot soundscapes – paysages sonores – donné dans l’alias que les deux électroacousticiens ont élu pour nommer leur travail commun. Une telle position oblige l’artiste, elle le fait peintre. On pourra assurément me reprocher la candeur avec laquelle je poursuis, mais j’ai l’esprit de système, même lorsque je m‘en défends. Il me semble donc que le mot oblige l’artiste, et que cet appel au paysage, cet appel du paysage, donne l’excitation de l’organisation, du plan, de la perspective. Ainsi, les lignes froides se parent de piquants ondulant au gré des crêtes de vent, des babillages de résonances en milieu concave arpentent les versants de la vallée qu’ils révèlent en écho. Ce n‘est pas le seul dessin que ce radar pointe d’un menu rai de lumière sur son écran, on surprend un rythme en manière de pulsation, des réverbérations de chutes, et le sinus granuleux qui ouvrait l’album portait déjà en bourgeon cette respiration comme prologue au fredonnement. C’est le pouvoir du gris, dès qu’on lui donne quelques lignes, quelques piquets et quelques toiles, il sculpte et se mamelonne aussi bien que le vert, il inaugure le printemps des ondes sinusoïdales.

Denis Boyer

2012-07-13