Nehil, Seth – Flock & tumble

Sonoris
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Quoi de plus organique et de plus crépitant qu’un disque de Seth Nehil ? Et quoi de plus proche de cette rapide définition que son nouvel album Flock & tumble ? Pourtant, celui-ci se montre assez différent des précédents, tout d’abord plus discret et plus ténu. Le flux de micro-sons qui bourdonnent et pétillent comme étincelles autour du feu, figure d’abord l’unique lueur. Mais elle est vite relayée par celle que des résonances de touches d’ivoire émettent, éphémère comme l’onde que la gouttelette de pluie dessine dans la flaque. De nuit, ou plutôt sous terre, ce minuscule théâtre d’embryologie musicale paraît préparer de plus dramatiques instants. C’est une musique d’inquiétude, car dans ce noir et cet espace, les sons de bois, de métal, de voix, avancent avec circonspection, mais toujours agrègent leurs minuscules allongements selon un schéma qui relève de l’harmonie. Jusqu’au fuseau chantant, d’une unique corde presque tranchante, qui porte et tourne son flot de roulements dérangés terminant leur tangage dans la diffusion acoustique. Ce fil d’harmoniques, quant à lui, assume le rôle de la lumière constante, absente jusqu’alors, il s’agit d’un épisode mais il régénère ce disque habilement réfléchi et tire après son cours, un écho de vent, fraîchissant. Le courant d’air n’est pas seul, mais bien messager : voici qu’il charrie des fantômes de filins chantants, ce souffle poignant que l’on attendait. Alors, présent ou pas, il plane sur le reste du disque.


Denis Boyer

2009-09-26