Allen Cory – The fourth way

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La capture de l’instant minéral, de la fontaine cristallisée, peut être un acte de haute bravoure. C’est ce que négligent parfois certains musiciens qui, dans le sillage de Fennesz ou de Deupree, montrent l’accident dans le faisceau d’harmoniques déjà formé. Pour Cory Allen, le tissage lumineux procède d’une création, d’un mouvement de sculpture, d’une extraction de la gangue. C’est d’abord le filon qu’il expose, puis le boulet brut, bouleversement noise primal, avalanche de crissement de quelques secondes seulement, mais combien essentiel dans la symbolique du geste. On y distingue déjà le reflet cristallin. Martelé, lissé, le minéral dévoile alors, et c’est dans ce sens que le travail est effectué, le beau rayon bleuté, encore griffé de stries crépitantes. Note d’orgue, de guitare ou de tout autre instrument capable de procéder à cette élégie de lumière bourdonnante, la clarté mûrit en s’effilant jusqu’à s’exonérer de toute écorchure, tout accident minéral, devenir pur éclat, fragile pointe de cristal, prête à se réverbérer dans l’eau qui a refroidi son lustrage. In search of miraculs, All suns, des titres de morceaux, et des réalisations, qui montrent la recherche du moment de grâce, reflet musical zen peut-on dire sans risque, et l’on sait combien la voie y est importante, comme dans cette quête où le drone est la récompense.

Denis Boyer

2009-02-22