Sphyxion – 2

Zoharum www.zoharum.com La musique du duo Maninkari pourrait se limiter aux paysages déjà très vastes du drone, de l’Orient fantasmé, de l’ambient organique. Mais elle occupe dans sa forme et dans son esthétique un canton illimité de ce territoire : celui du rêve. Alors, elle peut doucement muer, varier ses pentes et emprunter le tour électronique si cela lui chante. C’est ainsi la deuxième fois que les frères Charlot quittent l’habit Maninkari pour revêtir celui de Sphyxion. L’ambition est de donner une vision très personnelle, soumise à des gestes particuliers, d’un style que l’on peut nommer minimal wave. Les rythmes, engendrés par la machine, éloignent du liquide qui hydrate les compositions de Maninkari ; ici ce sont des fluides métallisés qui circulent, huilent une boîte à rythme claudicante mais sans prééminence. On pourrait, par endroits, se croire dans l’atelier de Myiase, voire Into the Reactor. Car avant tout, les rutilances dominent. Là c’était le cymbalum, ici […]

Maninkari – Ruins of Time LP

three:four Records www.three-four.net   « Seule je retourne sur mes pas, je reviens sur les traces de mon enfance, là où l’imaginaire était roi. » Ainsi parle l’héroïne du film Ruins of Time, de Mathieu Peteul, au terme de la bande-annonce. La musique est par excellence l’art du temps, qu’elle s’en arrange, l’accompagne, le distorde, ou tente de l’escamoter jusqu’à jouer son immobilité. C’est de tout cela que s’est emparé le duo Maninkari (Frédéric et Olivier Charlot) en composant la bande originale de Ruins of Time. Les quatre pièces qui accompagnent ce court-métrage (ici étendues) sont publiées par le label suisse three:four records, sur un disque vinyle dont la pochette reprend des images du film, dans leur teinte bleu nuit. Qui a connu l’insomnie sait que dans la nuit, le temps se distend, plus rarement se comprime. Ainsi certaines séquences du court-métrage (le courant du torrent…), ainsi la musique de Maninkari qui, hors du souffle et du […]