Galati – Fragility

Databloem www.databloem.com L’univers de Roberto Galati s’est construit sur un socle de glace, et c’est sa particularité d’avoir injecté dans ce bloc d’isolationnisme arctique tel que nous l’avons exploré dans les pages du Fear Drop 17, les étirements et les vaporisations de cordes hérités de MBV, Labradford, Fennesz, Stars Of The Lid… L’orangé alors vient se mêler aux écailles bleutées de la banquise. Toucher un infini, en rapporter l’expérience, c’est forcément le faire parler, et pour opérer ainsi, il faut le corrompre, le faire entrer dans le mouvement. Il me semble que Roberto Galati n’a jamais prétendu autre chose, que son appropriation du drone arctique n’est rien d’autre qu’un délicat éveil de la glace à la fusion, aux courbes qui portent la mélodie dans ses craquelures. Sur ce nouvel album, Fragility, Roberto Galati a rendu compte de ses périples dans des espaces isolés ajoutés à ceux des pôles. Ce n’est pas contre toute attente, car […]

Frame – The Journey

Glacial Movements www.glacialmovements.com   La neige tombe sans bruit, et pour l’éternité les étendues glacées sont liées au silence. Les lèvres serrées, par crainte de la gerçure, le musicien des confins arctiques doit s’arranger d’une mission paradoxale – celle qui échoit en fin de compte à tout musicien hanté par sa charge – dessiner les harmoniques du silence. Non forcément composer aux abords de l’absence de son, comme Francisco López a su le faire, mais donner, par la mise en scène, à entendre le paysage sonore désolé et fascinant des étendues glacées. Un art, pour emprunter le titre d’un livre de Joë Bousquet, Traduit du silence. Le musicien italien Eugenio Vatta s’est donné pour tâche, avec Andrea Benedetti, de composer une musique filmique, en ce sens qu’elle peut accompagner ou s’épanouir sur la suggestion de films muets. Donner l’écho d’images sans bruit, s’affranchir du ronflement de la bobine défilant sur le projecteur. Sous le nom de […]

GalatiMosconi – Penombra / Galati – Silence [as a Din]

Krysalisound https://krysalisound.com/ Databloem https://databloem.com/ Roberto Galati est un artiste des extrémités : le froid, le crépuscule, le silence sont ses domaines de prédilection. À ce point de risque pour la chaleur de la vie, il a développé en manière de viatique – ou de poche de résistance – une sensibilité tout aussi extrême. Pour l’exprimer il a choisi certains codes de la musique ambiante et du post-rock, à savoir l’étirement des textures, leur jeu avec la lumière, leur effilochement voire leur effondrement. On se rappellera son album Gletscher et on pourra réécouter avec émotion la pièce Mother (un thème qui a habité un autre de ses albums) donnée pour le CD accompagnant le Fear Drop 17. Pour ses deux plus récents travaux, il a travaillé en collaboration. Penombra est un album réalisé avec un autre musicien italien, Federico Mosconi. Peut-être plus clair, en tout cas plus chaud que les travaux solitaires de Galati, Penombra semble couler […]

Council Estate Electronics – Arktika

Glacial Movements www.glacialmovements.com   Justin Broadrick et Diarmuid Dalton ont tous deux passé leur jeunesse dans les HLM (Council Estate) de Birmingham. C’est là qu’ils se sont rencontrés, par l’intermédiaire de Christian (Benny) Green et c’est là qu’ils ont commencé, tous, à consacrer leur vie à la musique. Depuis plus de trente ans, Broadrick et Dalton collaborent plus ou moins régulièrement, dans Jesu ou Final ou Greymachine principalement. Ils ont aussi fondé Council Estate Electronics et l’on devine, à la simple lecture de ce nom, qu’il est affaire d’un passé commun. Mais il ne s’agit pas d’explorer le punk, la new wave, la musique industrielle et metal comme ils le font ailleurs, non, le projet vise à « rendre hommage à la musique synthétique qui les a influencés dans leur jeunesse : Tangerine Dream, Throbbing Gristle, Kraftwerk, Cluster (Moebius et Roedelius), etc. et de l’adapter à l’imagerie et à la géographie des HLM de Birmingham où ils […]

Galati – Gletscher

Psychonavigation Records www.psychonavigationrecords.com   Y a-t-il plus intense expérience de déterritorialisation que celle de la dissolution ? Roberto Galati, que tous les sons de son instrumentarium, des cordes aux touches, accompagnent dans sa traduction de l’expérience de la glace, Roberto Galati accomplit dans une même démarche les deux exils. Dans les glaciers du Pakistan, du Tibet ou du Groenland, il étend sa conscience au-delà des limites de son corps, et nous dit qu’il pense avoir trouvé ici la source du panthéisme primitif. La traduction musicale qu’il opère, comme sur ses précédents travaux (voir Fear Drop 17), manifeste dans le même temps cet isolement dont la longue traînée d’harmoniques contient plus que de la mélancolie, et la puissance statique des monuments de glace. D’anciennes divinités pourraient bien s’y encaver, leur chant filtre alors dans la musique de Galati. L’épanchement romantique qui s’en écoule rappelle à bien des endroits cette beauté de la tristesse que le duo Troum […]